Mère Teresa et Jean Vanier

Mère Teresa a toujours soutenu que c’est en septembre 1946 qu’a été créée la congrégation des Sœurs missionnaires de la Charité. Elle était alors âgée de trente-six ans. Presque vingt ans plus tard, en 1964, Jean Vanier fondait la première maison de L’Arche, également à l’âge de trente-six ans.

Par Sue Mosteller

Sue Mosteller est soeur de Saint-Joseph et professeure. Elle donne des retraites et des ateliers au Canada et ailleurs dans le monde. Elle est l'auteure de trois livres dont le dernier s'intitule Light Through the Crack, Life After Loss. Aujourd'hui, Sue est membre du Henri Nouwen Legacy Trust, chargé de diffuser l'héritage spirituel de Henri Nouwen.



Un appel vers les pauvres

Ces deux êtres d'une belle et profonde humanité se sont rencontrés et soutenus l’un l’autre toute leur vie dans leurs missions respectives inspirées par Dieu et par les pauvres du monde entier.

C'était une folie de croire, comme l'a fait Mère Teresa, qu'il était possible de soulager un tant soit peu les innombrables souffrances des habitants de Calcutta, alors qu'elle-même était une étrangère en Inde!

Folie également de la part de Jean Vanier, après des années consacrées à l'étude de la philosophie et de la théologie, d'abandonner une carrière prometteuse pour vivre dans des situations souvent extrêmement angoissantes avec des personnes ayant une déficience intellectuelle.

On n'a dès lors aucune peine à imaginer comment ces deux personnes atteintes de la même folie courageuse et spirituelle devinrent amis.

Une amitié enracinée dans l'Esprit

Répondant à l'invitation de Jean Vanier, Mère Teresa séjournait dans les communautés de L’Arche et racontait les histoires des personnes rejetées par la société, sans proches et sans biens, qui agonisaient dans les rues de Calcutta dans l’indifférence générale et dans un état de saleté repoussant. Les membres de L’Arche étaient à leur tour accueillis dans ses couvents et ses missions à travers le monde et ils y trouvaient une inspiration pour leur engagement dans leur vie quotidienne auprès des personnes avec une déficience intellectuelle. Mère Teresa leur révélait les beautés et les dons précieux des pauvres et des mourants. Et les gens de L’Arche étaient témoins de la façon dont un grand nombre de ces pauvres privés de tout bien et de toute famille quittaient ce monde, transfigurés par l’amour des Sœurs qui les lavaient, soignaient leurs plaies, les entouraient de la chose la plus précieuse : une mort dans la dignité.

Encouragé à le faire par Mère Teresa, Jean put rencontrer des centaines de Soeurs et collaborateurs de Mère Teresa dans de nombreux pays et partager avec eux son amour pour Jésus et ses compagnons de L’Arche. Il leur a ouvert une nouvelle porte sur l'univers des personnes vivant avec des déficiences intellectuelles, en leur montrant que la plus grande souffrance n’est pas liée à leurs déficiences mais au fait qu’on les marginalise, les ridiculise, leur parle avec mépris, les repousse en ignorant leurs magnifiques dons de spontanéité, d’accueil et d’amour. Jean venait leur dire qu’en transformant ce comportement de rejet en un accueil plein d’ouverture de cœur et de respect mutuel à l'égard des êtres pauvres et vulnérables, nous leur permettons de devenir nos maîtres sur le chemin de notre humanité.

Cette amitié, loin d’être repliée sur elle-même, a touché des milliers d’êtres humains sur les cinq continents. Les deux amis devinrent célèbres mais restèrent profondément humbles, voués à leur œuvre et ouverts à l’amour qui transforme. Ils demeurèrent fidèles, ainsi que tous ceux qui ont partagé leur vie, parce qu’ils partageaient les secrets d’un amour dont ils ont été gratifiés sur le chemin d’une vraie humanité.


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