Courte biographie

En 1964, Jean Vanier commence à s’intéresser à la question de l’accueil des personnes avec une déficience intellectuelle. Il visite un asile psychiatrique dans le sud de la banlieue parisienne. Les conditions de vie y sont très difficiles. Il y fait la connaissance de Raphaël Simi et de Philippe Seux et est profondément touché par leur détresse. Ce sera le début d'une aventure humaine hors du commun.



Enfance et quête spirituelle

De nationalité canadienne, Jean Vanier naît en 1928, quatrième et avant dernier enfant de la famille. Son père, Georges Vanier, Gouverneur général du Canada de 1959 à 1967, fera carrière dans la diplomatie entraînant sa famille au gré de ses fonctions en France et en Angleterre où Jean passera son enfance. En 1942, Jean rejoint la Marine Royale Britannique en tant que cadet au Collège Naval de Dartmouth au Royaume-Uni. Il a alors 13 ans. Le jeune garçon s’embarque dans la marine anglaise, puis canadienne, en pleine seconde guerre mondiale où il restera 8 ans. Cette expérience le façonne pour toute la vie. Pourtant, il ressent un appel à une autre forme de vie. Commence ainsi sa quête spirituelle. En 1950, il choisit de démissionner de la marine canadienne où une carrière toute tracée l’attendait. Les années qui suivent sont des années de recherche de sens et d’approfondissement de sa foi. Des années où il réfléchit à la façon dont il pourrait vivre l’Evangile plus pleinement au quotidien.
Il rejoint le centre international d’enseignement théologique des laïcs, L’Eau Vive, que dirige le Père dominicain Thomas Philippe. La rencontre entre les deux hommes marque un tournant et signe le début d’une amitié qui ne se démentira jamais par la suite. Jean Vanier, en homme d’action et d’expérience se nourrit des discussions avec celui qui devient en quelque sorte son maître. Il commence sa thèse de doctorat sur l’éthique d’Aristote qu’il soutiendra en 1962. Ce sera le premier des ouvrages dont une version simplifiée est éditée sous le titre «Le Goût du bonheur».

L’Arche : l’histoire d’une rencontre

A la fin de l’année 1963, il visite le Père Thomas qui vient d’être nommé aumônier du Val Fleuri à Trosly‐Breuil, petit bourg situé au bord de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Le Val Fleuri est une institution qui accueille une trentaine d’hommes avec un handicap mental. Il repart au Canada où il doit assurer un cycle d’enseignement au Collège Saint Michael de l’Université de Toronto, ses conférences rencontrent très vite l’intérêt des étudiants. Pourtant, son cycle terminé, Jean retourne à Trosly et commence à s’intéresser à la question de l’accueil des personnes avec un handicap mental. C’est ainsi qu’il visite l’asile psychiatrique de Saint‐Jean les Deux jumeaux dans le sud de la banlieue parisienne. Les conditions de vie y sont très difficiles. Il y fait la connaissance de Raphaël Simi et de Philippe Seux et est profondément touché par leur détresse. Il décide d'acheter une petite maison dans le voisinage pour les accueillir et vivre avec ces deux nouveaux compagnons. Ce ne sont pas « des handicapés mentaux » que Jean Vanier accueille, ce sont Raphael et Philippe; ce n’est pas une institution qu’il crée, mais lui qui s’engage auprès de ces deux hommes dont le cri l’a touché. Cette démarche d’engagement personnel va se révéler extraordinairement féconde.

Pour tous les trois, c’est le début d'une vie nouvelle, radicalement différente de tout ce qu'ils connaissaient jusque-là. C’est aussi, après quelques mois d'ajustements et de tâtonnements, le début d'une aventure humaine hors du commun : "au fond, raconte Jean Vanier, ils voulaient un ami. Ils ne voulaient pas d’abord mes connaissances, mes capacités de faire des choses, mais mon coeur et mon être » (Le corps brisé). Dès l'année suivante, de nouveaux lieux de vie voient le jour et Jean Vanier fait appel aux bonnes volontés pour l'accompagner dans sa tâche. Des jeunes de France, du Canada, d'Angleterre, d'Allemagne se joignent à lui et deviennent des assistants qui font le choix de vivre avec des personnes avec un handicap mental.

C’est cette même expérience de la rencontre que vivent aujourd'hui les assistants de l'Arche. Ce qui fait sens pour tous ces jeunes, et qui les ancrent dans cette réalité, c'est la relecture de cette expérience de vie commune qui modifie profondément le regard qu’ils portent sur la personne humaine et sur le handicap. Tous mettent en œuvre un projet communautaire dans lequel la personne avec un handicap tient une place centrale et est appelée à développer ses dons. Le projet se répand vite dans d'autres régions, d'autres pays, d'autres continents.

Aujourd'hui, L'Arche est constituée de 147 communautés réparties sur les cinq continents, dont 32 en France qui sont reconnues comme établissements médico-sociaux. Elle compte plus de 5000 membres. De nouveaux projets sont chaque jour à l'œuvre pour répondre à l'appel des personnes ayant une déficience intellectuelle, si vulnérables et encore trop souvent méprisées, alors qu'elles ont une grande leçon d'humanité et d'amitié à nous donner.

Foi et Lumière

Parallèlement, Jean Vanier a cofondé Foi et Lumière avec Marie-Hélène Matthieu, « des communautés de rencontres » qui se tissent autour des personnes, enfants ou adultes ayant une déficience intellectuelle. Ces personnes accompagnées de leur famille et amis, sont invitées à participer à des rencontres mensuelles durant lesquelles sont partagés des temps d'amitié, de prière et de fête. Foi et Lumière compte près de 1500 communautés dans 82 pays des cinq continents.


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